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SUIVI DE PARCELLES

UN JARDIN TCS

Le site accueille le jardin expérimental de Dominique Soltner qui a servi de base au guide « un jardin sans travail du sol » diffusé depuis plusieurs années. Nous vous proposons de suivre l’aspect de ce jardin cultivé en TCS, par la mise en ligne de photos commentées, à plusieurs périodes de l’année.

Mars-Avril : les pommes de terre en TCS

Pourquoi un jardin TCS ?

Parce qu’un potager est une ferme en miniature. Si les Techniques Culturales Simplifiées et le semis direct conviennent aux terres agricoles, ils conviennent davantage encore aux jardins, en général plus enrichis en humus que les champs. Voici pour commencer deux aspects de ce jardin expérimental, en hiver et en été :

Le jardin en hiver

Les planches, séparées par des allées engazonnées, sont systématiquement couvertes : engrais vert, foin, feuilles mortes, compost de déchets verts, broyats de branchage (BRF : bois raméal fragmenté)… sous tous ces couverts, la faune du sol travaille intensément, et les oiseaux sédentaires s’en nourrissent. C’est un jardin vivant.

 

Le jardin en été

Comme en hiver et en toute saison, aucune terre n’est à nu. Tomates, salades, choux, fraisiers, fleurs, … ont été repiqués sur un mulch, soit entourés de ce mulch après repiquage. Les mulchs d’été sont nombreux : les tontes de gazons, les foins, les menues pailles, les broyats, les fleurs de tilleuls tombant abondamment de ces arbres fin août (visibles à gauche sur la photo) et plus tard les premières feuilles mortes. L’économie d’arrosage est considérable : l’évaporation est freinée et l’humus a un effet « éponge ».

 

Mars-Avril : les POMMES DE TERRE en TCS

Les plates-bandes destinées aux pommes de terre ont été dès l’automne couvertes des mulchs disponibles. Après tomates par exemple, toutes les fanes et restes de paillages sont laissés sur place, et recouverts d’une épaisse couche de feuilles d’automne. Après fraisiers récoltés en juin et non remontants, en fin de seconde année, leur feuillage est laissé intact et simplement recouvert en été de plusieurs couches de tontes de gazon (gazons peu humides en cette saison, donc ne causant pas de fermentations putrides). Ou bien encore après haricots, leurs fanes sont recouvertes d’un mulch de foin d’une vieille balle ronde en réserve. L’hiver est passé, les oiseaux ont gratté un maximum, preuve de l’abondance de nourriture vivante, sous ces mulchs nutritifs. Comment y cultiver maintenant des pommes de terre ? Voici donc résumée une technique jardinière TCS, à partir des photos de 2006.

1 – Écarter le mulch à l’aide d’un râteau ou d’un croc. C’est très facile pour les mulchs de feuilles mortes, un peu plus long pour le foin ou la paille, aux fibres entremêlées

2 – Une fertilisation à base de cendres de bois est possible.

La cendre dose 16 % de potassium, un taux élevé.  On a donc intérêt à la répartir durant l’hiver sur le mulch de toutes les plates-bandes.

Mais on peut aussi la concentrer sur les rangs de pomme de terre (photo).

3 – Creuser des sillons, après pose d’un cordeau. Selon la texture et la structure du sol, la pénétration de la pioche dans le sol non travaillé est plus ou moins facile, mais ne pose guère de problèmes à cause de l’humidité du sol

4 – Au fond des sillons, placer les tubercules pré-germés, et refermer la terre au râteau. Puis ramener le mulch, mais pas trop pour ne pas gêner la sortie des jeunes pousses.

5 – Renforcer le mulch si nécessaire, par exemple avec des tontes de gazon. Il arrive en effet que le mulch d’automne ne soit plus assez épais pour éviter le verdissement de tubercules superficiels. Car il n’y aura pas de buttage.

6 – Il n’y aura pas non plus de sarclage ni de binage, inutiles. Un éventuel traitement contre le mildiou, peut s’imposer certaines années et pour certaines variétés, traitement de bouillie bordelaise commun aux tomates, aux poiriers et aux treilles.

7 – Autres travaux éventuels :

- tonte des allées : environ 3 à 4 fois dans l’année. Les tontes récoltées servent au mulchage des plates-bandes.

- en général pas d’arrosage, car le mulch préserve l’humidité. Mais en cas de sécheresse, l’arrosage goutte à goutte évite de mouiller le feuillage, ce qui favoriserait le mildiou.

 

8 – Les rendement obtenus, sans aucun engrais puisque les mulchs et la cendre sont des apports bien suffisants à long terme, sont de l’ordre de 300 à 400 kg à l’are, très suffisants pour les variétés potagères de qualité. Si l’on veut éviter que ces variétés à chair ferme ne soient farineuses, il ne faut pas laisser le feuillage se faner et se dessécher, donc « de vider » de son amidon. Pour cela, faucher les fanes jaunissantes à la faucille et pourquoi pas au rotofil ou même à la tondeuse à gazon. Et pour une bonne conservation, attendre une ou deux semaines avant d’arracher, pour que la peau des tubercules s’épaississe.

A suivre...

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