Pour commencer, Dominique SOLTNER et Stéphane AISSAOUI vous présentent en résumé en quoi le sigle TCS peut, au jardin, signifier Techniques Culturales SUPPRIMÉES, autrement dit comment il est possible de conduire un potager hautement productif sans aucun travail du sol.
Des jardins sans bêchages ni fraisages, sans sarclages ni binages et souvent sans arrosages. De nombreux exemples de cette nouvelle rubrique seront tirés des jardins expérimentaux de Dominique Soltner (Photos 1 et 2). Mais cette rubrique sera naturellement ouverte à bien d’autres : jardins d’agriculteurs, jardins familiaux, de villages, jardins solidaires, jardins scolaires, jardins des pays du Sud méditerranéens et tropicaux... Il s’agira soit de thèmes saisonniers, soit de telle ou telle culture... C’est le cas pour ce premier rendez-vous.
Un exemple de culture sur “BRF non broyé”, le “BrEF”
Vous avez bien lu, le BrEF n’est pas le BRF
dont tout le monde parle, les “Bois Raméaux
Fragmentés”, comme l’ont nommé les canadiens,
autrement dit les branchages broyés.
Non, le BrEF est en somme du BRF non
broyé, des Branchages Entassés-Foulés (ce qui
n’enlève rien aux incontestables propriétés
agronomique du BRF)
Voici un jardin sans travail du sol, sur mulchs
de foin, feuilles mortes et tontes de gazon. Mais
que faire des résidus ligneux tels que cannes de
framboisiers, si l’on ne peut ou ne veut broyer ?
Un exemple de BrEF au jardin : sur destruction de framboisiers
Voici une planche de framboisiers non remontants. On décide de ne plus cultiver que des remontants, aux performances supérieures. Donc au mois d’août, on fauche à la débroussailleuse (photo 4) leur épaisse masse ligneuse. Les évacuer ? Les passer au broyeur de jardin ? Quel travail !
On se contente de les laisser sur leur platebande de 1,20m de large, et de les tasser au micro-tracteur. En septembre on recouvre cet énorme mulch de tontes de gazon, et de foin de repousse d’un pré (photos 5 et 6), dont les petits andains laissés par un gyrobroyeur sont faciles à ramasser.
La masse est si épaisse que les repousses sont faibles. On les recouvre en novembre d’une couche de feuilles mortes.
Durant tout l’hiver, l’activité des insectes du sol, des vers, des champignons et bactéries découpe, lacère et digère cette couverture avec une telle intensité, qu’au printemps suivant il suffit d’écarter les restes de mulch, d’ameublir uniquement des trous de plantation à la fourche à bêcher, et d’y implanter des tomates.
A chaque pied l’addition d’une pelletée de compost stimule leur démarrage.
Incapable de s’échapper par évaporation, les réserves d’eau hivernales ne peuvent quitter la terre qu’en alimentant les racines. Cette eau suffit à nourrir la culture, jusqu’à fin juin sans le moindre arrosage (photo 7).
Ce n’est qu’en juillet qu’un goutte à goutte en deux gaines (photo 8) au pied des rangs de tomates n’est ouvert que si vraiment le feuillage en manifeste le besoin.
Il s’agit ici d’un système goutte à goutte basse pression spécialement adapté à l’Afrique. Il peut être alimenté par gravité, relié à ces récupérateurs d’eau de pluie de plus en plus fréquents dans les jardins (kit d’arrosage mis au point pour les jardins africains, et disponible chez JTS, Tél 33(0)2 41 76 53 00. www.jtssemences.com En fin de culture, ne reste en terre que l’humus issu de la lignine des framboisiers, cet humus stable qu’apprécient tant les promoteurs du BRF. Mais on a fait l’économie du broyage ! Un nouveau paillage automnal de feuilles ou d’un autre mulch, prépare la culture du printemps suivant.
Second exemple de BrEF jardinier, sur tailles annuelles de haies
Ces tailles annuelles de haies de la section d’un crayon (photo 9), qu’elles soient coupées en hiver ou feuillues, n’ont aucun besoin de broyage. Les vers de terre, insectes, champignons et bactéries en sont bien capables. C’est ce que l’on a fait ici, en juillet 2009 sur culture de fraisiers à détruire (photo 10). Et les feuilles mortes d’automne viendront tasser ces fins branchages et apporter l’azote qui manque à leur lignine pour les transformer en humus. Dès la fin du printemps 2009 (photos 11 et 12), leur désagrégation est telle qu’y renouveler l’expérience des tomates sur framboisiers a toute chance de connaître le même succès.
De ces deux expériences il ressort :
que broyer des branchages au jardin n’est pas
nécessaire dès lors que l’on donne à la faune du sol
le temps de remplacer le broyeur. Ce qui ne
condamne en rien le BRF, qui s’adresse à des branchages
de forte section (jusqu’à 7 cm) ;
que dans les deux cas se manifeste l’effet bénéfique
de la lignine, génératrice d’un humus stable, clé de
la résistance à la sécheresse.











